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Le casse-tête du droit foncier en Afrique. Philippe Lavigne Delville, invité d’Anne-Cécile Bras, dans l’émission « C’est pas du vent » RFI

Radio France Internationale. Diffusion le 13 septembre 2019

Rédigé par : Philippe Lavigne Delville

Date de rédaction : 14 septembre 2019

Type de document : Enregistrement audio

Résumé

Écoutez ou ré-écoutez cette très intéressante émission d’Anne-Cécile Bras sur le site de RFI, avec comme invité Philippe Lavigne Delville, membre d’AGTER, anthropologue et spécialiste des questions foncières en Afrique de l’Ouest.

« À qui appartient cette parcelle agricole ? Derrière cette question simple, il y a le conflit entre les droits nationaux et les droits coutumiers, la problématique de l’accaparement des terres, de leur gestion. Un sujet qui prend de l’ampleur au niveau international et qui a été débattu pendant deux semaines, lors de la 14ème session de la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification qui vient de refermer ses portes en Inde. »

Invité: Philippe Lavigne-Delville, directeur de recherche à l‘lRD.

Reportage: En Côte d’Ivoire, dans la région cacaoyère de la Nawa, aux environs de Soubré où les tensions autour de la propriété des terres s’accroissent. C’est un reportage de Clémentine Méténier.

www.rfi.fr/emission/20190913-afrique-terres-droit-foncier-accaparement-parcelles-agricoles

podcasts.apple.com/fr/podcast/cest-pas-du-vent-le-casse-t%C3%AAte-du-droit-foncier-en-afrique/id934396430?i=1000449654269

des risques d’accaparement en lien avec la lutte contre la désertification

Dès 2014, Sandrine Feydel et Denis Delestrac avaient attiré l’attention du public européen sur les dangers de la financiarisation de la nature dans l’excellent documentaire “Nature, nouvel eldorado de la finance”, diffusé par ARTE. « Lors de la 14ème Conférence des Parties (COP14) de la Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification (UNCCD) qui s’est tenue à New Delhi en septembre 2019, sont de nouveau apparues dans les textes officiels des injonctions claires en faveur de la mobilisation d’investisseurs privés pour faire face au désastre croissant de la dégradation des terres agricoles dans le monde. Parmi les nombreux objectifs retenus, il s’agit notamment “d’encourager le secteur privé à investir de façon responsable et durable dans la remise en état, la conservation et la bonification des terres et dans le développement des moyens de subsistance, ainsi que d’étudier les moyens d’élaborer un modèle économique dans lequel des fonds publics pourraient entraîner un accroissement de l’investissement privé”. Outre le risque de voir les fonds publics être subordonnés aux intérêts de grands investisseurs privés, il apparaît clairement que la Gestion Durable des Terres (GDT) est appelée à devenir un nouveau marché, une aubaine pour faire des profits. C’est ce que certains appellent «impact investing », une notion en apparence généreuse, qui en pratique, apporte des fonds publics au développement de grandes entreprises privées. (Denis Pommier, éditorial du bulletin d’information d’AGTER de Septembre 2019)

Le très court extrait de l’intervention de Philippe Lavigne Delville lors de l’émission « C’est pas du vent » de RFI du 13 septembre 2019 que nous reprenons ici fait référence à ces tendances très préoccupantes, en soulignant le risque de renforcement de la logique de dépossession des agriculteurs familiaux au profit d’une financiarisation de l’agriculture et de l’environnement.